Mon attirance pour la photographie d'auteur s’est développée lors de nombreuses collaborations auprès de collectif d’artistes et une formation à l’ETPA (Ecole d'art photographique de Toulouse). Ma démarche, est pour moi, une sorte d’appropriation du vivant pour en saisir l’essence profonde, qui se déroule étape par étape, de l’apparence jusqu’à l’épiderme, de la matière à l’incorporel. 

La question de l’enfermement du corps, de l’esprit, et la possibilité de se libérer de notre condition humaine, ne cesse de me hantée. Je m'intéresse surtout à la relation que les gens entretiennent avec eux même. Le langage du corps, les gestes, ne cessent de me fasciner. Je cherche à tester les limites de la temporalité par rapport au présent, non pas hors-temps, mais à l’épreuve de ce que cette présence représente, y compris dans sa part d’absence, d’ombre nécessaire. Les notions d'effacements me fascinent et mes images s'attardent sur ces traces. Traces du temps, du rythme des ondes, de nos mouvements qui mettent à nu, qui mettent à mal.

Ce travail introspectif sur l'intime, va et viens crescendo vers l'autre avec une mise en écho qui me tient en éveil. Hors cadre, dans le dédale des ombres, je me laisse attirer par les fissures qui accidentes les chairs, celles qui poussent les vertiges du dehors vers le dedans. Ces lueurs qui m'inspire et que je respire, pour m’enivrer et creuser un peu plus profond. Lueurs de fragments de corps, de mémoires, qui résonnent dans le silence.

“Dans le cadre de l’Année Croisée France Vietnam, en 2013, notre association était la structure porteuse de l’événement photographique : « J’aime ma Ville à Ho Chi Minh ville », en partenariat avec nos ministères des Affaires Etrangères et de la Culture, l’Institut Français et ses mécènes privés. Delphine nous a séduits par ses qualités photographiques mais aussi humaines. Elle a l’âme d’une voyageuse humaniste : curieuse et espiègle comme peuvent l’être les enfants. Elle a ce regard, ce sourire et cette spontanéité qui mettent en confiance pour créer ce lien. Cette résidence a permis la réalisation de deux séries d’images qui ont été exposées à Ho Chi Minh et à Hanoi à l’Institut Français. Dans le cadre du Mois de l’Image à Toulouse, en partenariat avec l’ Alliance Française, nous avons ensuite organisé un atelier afin qu’elle donne un point de vue photographique sur sa ville d’origine. Delphine Maury montre une détermination certaine à explorer le monde, à la recherche d’authenticité, de partage et de rencontre.” Magali Keraudren directrice artistique des Rencontres de Castelfranc